Helen Clark : Déclaration prononcée lors de la seconde session ordinaire du Conseil d’administration du PNUD

1 sept. 2015

Helen Clark, Administrateur du PNUD, adresse le Conseil d'administration de l'organisation, à New York, le 1er septembre 2015.

J’ai le plaisir de vous souhaiter la bienvenue à la seconde session ordinaire du Conseil d’administration du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD).

Depuis que nous nous sommes réunis en juin à la session annuelle du Conseil d’administration :

  • le rapport final des objectifs du Millénaire pour le développement (OMD), établi par le Secrétaire général de l’Organisation des Nations Unies, a été publié. C’est un jalon important, car l’ère des OMD va bientôt prendre fin ;
  • la Troisième conférence internationale sur le financement du développement qui s’est tenue à Addis-Abeba est parvenue à un consensus sur un nouveau cadre de financement du développement ; et
  • ici, à New York, les négociations sur le programme de développement durable pour l’après-2015 ont été couronnées de succès. Nous attendons avec impatience que les dirigeants du monde se réunissent à la fin du mois pour adopter le nouveau programme mondial pour le développement durable.

J’y reviendrai ultérieurement dans ma déclaration, et évoquerai également :

  • l’appui que le PNUD apportera à la mise en œuvre des nouveaux accords mondiaux négociés cette année ;
  • le programme de réforme du système des Nations Unies dans le domaine du  développement, et 
  • le travail continu que nous menons en matière de transparence et de responsabilisation.

Une session consacrée au financement est prévue à l’ordre du jour du Conseil d’administration cette semaine — comprenant un dialogue important sur la façon dont le PNUD s’adapte au nouveau paysage en ce qui concerne le financement du développement, et l’importance d’un financement de qualité à la fois flexible et prévisible. Je reviendrai également brièvement sur ces points.

Le rôle du PNUD en réponse aux crises et aux catastrophes 

Permettez-moi pour commencer de faire quelques remarques sur les interventions menées par le PNUD face aux nombreuses crises à travers le monde, dans le cadre desquelles nous devons garder le cap, quelles que soient les difficultés de la situation, et faire tout ce qui est en notre pouvoir pour soutenir le développement humain.

Ainsi, malgré le conflit en cours en Syrie, le PNUD prépare un programme de pays sur deux ans pour 2016-2017. C’est la première fois depuis que la crise a commencé en Syrie il y a maintenant quatre ans que nous avons commencé à faire des plans sur une période de plus de douze mois. Ce programme a été rendu nécessaire pour réaliser notre objectif général d’appuyer la résilience du peuple syrien. 

En novembre, en partenariat avec le Royaume hachémite de Jordanie, le PNUD organise un Forum pour le développement de la résilience afin de dresser l’inventaire des résultats et des difficultés en matière de renforcement de la résilience ; examiner les instruments de financement actuels, les capacités et les ressources ; et associer de nouveaux partenaires tels que le secteur privé et des fonds d’investissement. Nous souhaitons que l’ensemble des partenaires soit représenté à ce Forum.

J’ai décrit en juin les différentes initiatives mises en place par le PNUD dans des pays voisins de la Syrie. Depuis lors, en Iraq, sur les 3,2 millions de personnes déplacées par DAESH, environ 233 000 sont rentrées chez elles ou vivent dans des régions non soumises au contrôle de DAECH. En tant qu’organisme chef de file pour la stabilisation au sein du système des Nations Unies, le PNUD est intervenu rapidement en créant un dispositif pour le financement de la stabilisation immédiate (Funding Facility for Immediate Stabilisation - FFIS). Depuis juin, ce dispositif finance des projets de stabilisation dans des régions qui viennent d’être libérées dans la province de Ninive et à Tikrit, dans la province de Salah ad-Din. Ces projets ont contribué à rétablir des services, à réparer l’infrastructure publique et à relancer l’activité économique.

Au Yémen, le conflit en cours a entraîné de nombreuses pertes civiles, d’importants déplacements de population internes et causé des dégâts importants sur toutes sortes d’infrastructures. Le PNUD offre des emplois de courte durée et des formations professionnelles spécialisées, et contribue à combler les lacunes des services de base dans certaines communautés touchées. Un programme de résilience et de relèvement mis en œuvre par le PNUD au niveau des communautés est désormais mis en œuvre à plus grande échelle pour appuyer le rétablissement des services de base, l’amélioration des moyens de subsistance, la cohésion sociale et la protection. 

En Libye, le PNUD est en discussion avec la communauté internationale en ce qui concerne les questions humanitaires et socio-économiques et la nécessité d’un mécanisme de coordination renforcé pour répondre aux besoins du peuple libyen.

En Ukraine, on estime qu’il y a aujourd’hui 1,4 million de personnes déplacées. Le PNUD, avec la Banque mondiale et l’Union européenne, a contribué à « l’Évaluation en vue du relèvement et de la consolidation de la paix », qui a permis d’identifier les besoins à court terme et à moyen terme en matière d’infrastructure, de services sociaux et de relèvement économique, ainsi que d’appui à la cohésion sociale dans les communautés qui accueillent un grand nombre de PDI.

Au Soudan du Sud, il y a un espoir que l’accord de paix signé récemment permette au pays, avec le soutien de la communauté internationale, de concentrer ses efforts sur le relèvement, notamment pour réduire les niveaux élevés de vulnérabilité de nombreuses personnes et communautés. Le PNUD continue de contribuer au dialogue pour la paix et joue un rôle de coordonnateur dans la consolidation de la paix. Plus récemment, le PNUD, dans le cadre de la coopération Sud-Sud et de la coopération triangulaire, a réuni des Commissions pour la paix du Kenya, de l’Ouganda et du Soudan du Sud en vue d’établir un dialogue au sujet de la création d’une infrastructure pour la paix à parties prenantes multiples.

La portée et le contenu de ces accords de paix appellent à des mesures d’appui globales à même d’apporter une transformation. En collaboration avec le système plus général de l’ONU au Soudan du Sud, le PNUD entend intensifier ses activités de relèvement rapide pour soutenir l’application de l’accord de paix. À cet égard, le PNUD a mené à bien des consultations dans les communautés dans six des dix pays concernés. Ces consultations ont permis d’approfondir la compréhension de la manière dont ce conflit a affecté la coopération intercommunale et de définir les mesures qui pourraient être utilement mises en place pour rétablir des relations de base, et ont cerné les attentes entourant les processus en matière de justice transitionnelle, de paix et de réconciliation. Les données recueillies au niveau des communautés par cette Enquête sur les perceptions nationales ont contribué à définir des paramètres d’ordre général pour les mécanismes de justice transitionnelle et à déterminer des points d’entrée pour l’appui qui sera fourni par le PNUD.  

En République centrafricaine, le PNUD apporte un appui tout au long de la période de transition, dont la fin sera marquée par la tenue d’élections plus tard dans l’année. Depuis que ce Conseil d’administration s’est réuni en juin, et en dépit des retards du processus, 48 pour cent des électeurs potentiels ont été enregistrés à travers le pays. Le PNUD continue également de soutenir la création d’un Tribunal pénal spécial.

En ce qui concerne les interventions et le relèvement après des catastrophes naturelles : 

  • Le PNUD exprime ses sincères condoléances au Gouvernement et à la population du Commonwealth de la Dominique suite aux récents dégâts causés par la tempête tropicale Erika. Le PNUD travaille en collaboration avec l’Organisme caraïbe pour les secours d’urgence en cas de catastrophe naturelle et des partenaires à la fourniture de secours immédiats, à l’évaluation des dégâts et à la remise en état à plus long terme.
  • Au Népal, le PNUD a contribué à l’évaluation des besoins après la catastrophe menée par le Gouvernement. Cette évaluation a été à la base de la conférence organisée à Katmandou fin juin, lors de laquelle des promesses de don d’un montant total de 4,4 milliards de dollars ont été faites pour le relèvement suite aux dégâts causés par les graves séismes qui ont secoué le pays. Le PNUD continuera d’apporter son appui au Gouvernement dans le cadre de la mise en œuvre des plans de relèvement élaborés par le pays. 
  • Au Myanmar, le PNUD est intervenu rapidement à la suite des inondations qui, à partir de mi-juillet, ont touché plus d’un million de personnes dans douze des quatorze états et régions du Myanmar. Des fonds d’urgence ont été débloqués ; un appui au rétablissement des moyens de subsistance à impact rapide est actuellement en cours dans deux des états les plus gravement touchés, Chin et Rakhine ; et des experts en relèvement du PNUD ont travaillé au Centre d’interventions d’urgence du Gouvernement pour faciliter les évaluations des besoins en relèvement et une transition efficace au-delà des secours.
  • En ce qui concerne la crise provoquée par Ebola dans les pays qui étaient à l’épicentre de l’épidémie, le PNUD s’est chargé de l’organisation de la Conférence internationale sur le relèvement après l’Ebola accueillie par le Secrétaire général de l’ONU qui s’est tenue le 10 juillet, à New York, en partenariat avec les Gouvernements de la Guinée, du Libéria et de la Sierra Leone, et avec l’appui de la Banque africaine de développement, de l’Union africaine, de l’Union européenne et de la Banque mondiale. Les promesses de don pour le relèvement après l’Ebola s’élèvent aujourd’hui à 5,2 milliards de dollars, dont 3,4 milliards ont été annoncés à la conférence. L’esprit d’optimisme qui a régné pendant cette conférence, ainsi que la volonté des partenaires de considérer le relèvement comme un effort à long terme, ont été très encourageants. Le PNUD continuera de travailler en étroite collaboration avec les trois pays en vue de repérer les possibilités et les mécanismes de financement, de renforcer les capacités pour coordonner les flux d’aide, et d’appuyer la mise en œuvre des stratégies de relèvement après l’Ebola élaborées par chaque pays.
  • À Haïti, un processus électoral déterminant est en cours, qui devrait culminer avec un renouvellement de l’ensemble des institutions du pays démocratiquement élues — notamment tous les représentants des autorités locales, les deux chambres du parlement et la présidence. En étroite coopération avec les partenaires internationaux et la MINUSTAH, le PNUD gère le Fonds commun pour les élections ; appuie la participation électorale et l’éducation civique, en particulier pour les femmes et les jeunes, et renforce la capacité du Conseil national électoral et de l’Office national d’identification.

Le PNUD apporte un soutien continu au processus de paix en Colombie, en facilitant la participation de la société civile, notamment celle des victimes ; en renforçant le soutien à la paix dans le public par des actions de sensibilisation et en fournissant des conseils techniques aux efforts de préparation nationaux après le conflit. 

Revenons aux programmes mondiaux qui seront définis cette année :

Le 2 août, les États Membres de l’ONU ont conclu leurs négociations sur le programme de développement durable pour l’après-2015 — « Transformer notre monde : le Programme de développement durable à l’horizon 2030. » Le texte adopté est un ensemble d’engagements ferme, ambitieux et visionnaire, l’éradication de la pauvreté étant la tâche la plus urgente à mener dans le cadre plus général du programme de développement durable. Lorsque ce nouveau programme sera officiellement adopté par les chefs d’État et de gouvernement à la fin du mois, il orientera le développement à l’échelle de la planète pendant une génération.

Le PNUD peut appuyer et appuie déjà les pays de diverses manières, par l’intermédiaire d’une approche en trois volets :

  • Intégration 
  • Accélération 
  • Appui stratégique. 

Ainsi, 

  • nous fournissons un appui aux gouvernements pour qu’ils prennent en compte le nouveau programme mondial dans leurs plans et politiques de développement nationaux. Cette activité est actuellement menée dans de nombreux pays, à la demande des pays ;
  • nous aidons les pays à accélérer les progrès à accomplir au regard des cibles définies dans les ODD. À cet effet, nous mettons à profit la vaste expérience que nous avons acquise au cours des cinq dernières années avec le Cadre d’accélération des OMD, et
  • nous mettons à la disposition des gouvernements le savoir-faire stratégique des Nations Unies en matière de développement durable et de gouvernance à tous les stades de mise en œuvre. 

De manière collective, l’ensemble des partenaires peut appuyer la communication de ce nouveau programme, en renforçant les partenariats pour la mise en œuvre et en palliant les lacunes en ce qui concerne les données disponibles à des fins de suivi et d’examen. En sa qualité de coprésident du Groupe de travail sur le développement durable du Groupe des Nations Unies pour le développement, le PNUD coordonnera la préparation des lignes directrices pour les rapports nationaux sur les ODD qui sont pertinentes et appropriées pour les pays dans lesquels nous intervenons.

Le PNUD est fortement mobilisé en faveur de tous les processus de mise en place des ODD. Les orientations et les outils en cours d’élaboration seront communiqués dès qu’ils seront disponibles. De même, nous mettons à profit notre vaste expérience en matière de programmation pour aider les pays à mettre en œuvre leurs efforts au plan national en vue de la réalisation des ODD. Une séance d’information consacrée à cette question est prévue à l’ordre du jour du Conseil jeudi. 

Financement du développement 

Les besoins en financement pour mettre en œuvre le nouveau programme mondial de développement et les programmes nationaux de développement sont importants. Le Plan d’action d’Addis-Abeba, adopté en juillet, a actualisé le cadre de financement du développement ; défini d’importantes priorités pour l’investissement dans le développement – notamment la protection sociale, la création d’emplois, la nutrition et l’agriculture ; et convenu de nouveaux mécanismes mondiaux pour le financement des technologies et des infrastructures. 

Le programme adopté à Addis-Abeba souligne la nécessité impérieuse de poursuivre l’Aide publique au développement et d’utiliser cette aide de façon plus stratégique de façon à consolider les priorités nationales en matière de mobilisation des ressources domestiques. Une croissance durable et inclusive permettra de dégager des recettes fiscales pour les dépenses consacrées au développement. Investir dans les capacités des gouvernements permettra d’appuyer le recouvrement de l’impôt, l’allocation de lignes budgétaires aux priorités en matière de développement et la mise en œuvre de stratégies et de plans. L’efficacité de la gouvernance renforce également la confiance des investisseurs et contribue à endiguer les flux financiers illicites.

En ce qui concerne le renforcement des capacités pour la mobilisation des ressources domestiques, le PNUD et l’OCDE ont mis en place un partenariat mettant à disposition des Inspecteurs des impôts sans frontières. Des experts en contrôle fiscal internationaux seront dépêchés auprès des autorités fiscales nationales pour les aider à renforcer leurs capacités à évaluer et à recouvrer l’impôt que les entreprises internationales devraient leur verser. Ces experts seront issus de pays du Nord et du Sud.

Notre objectif pour l’avenir est de faire en sorte que tous les pays, en particulier les plus pauvres et les plus vulnérables, puissent avoir accès à toute la panoplie de possibilités de financement qui existent. Le PNUD apporte déjà un appui aux partenaires nationaux, notamment dans les pays les moins avancés et les petits États insulaires en développement, afin de s’assurer que les différents flux de financement peuvent se compléter et se renforcer mutuellement – par exemple en mettant en œuvre des Évaluations du financement du développement, dans un premier temps dans sept pays de la région Asie Pacifique, et également depuis peu en Afrique. Ces évaluations permettent de répertorier les flux financiers complexes et de concevoir des cadres de financement nationaux intégrés, qui appuieront à leur tour la mise en œuvre du programme en matière d’ODD. Il est particulièrement important de trouver des synergies entre le financement du développement et le financement de la protection de l’environnement. De même, il faudrait renforcer les synergies entre le financement de l’action humanitaire et le financement du développement.

Dans la perspective de la COP21

Il ne reste plus aux pays que neuf jours de négociations jusqu’à la tenue de la Conférence de Paris sur le changement climatique – la COP21 – lors de laquelle un nouvel accord mondial sur le changement climatique devrait être adopté. Cet accord de Paris pourrait stopper un changement climatique aussi catastrophique qu’irréversible – mais nous n’avons pas encore pris toute la mesure du niveau d’ambition nécessaire, comme l’ont fait remarquer le Secrétaire général de l’ONU et bien d’autres. Cela doit changer, dans l’intérêt de toutes les personnes et de tous les pays, notamment les plus pauvres et les plus vulnérables.

Les enjeux sont importants. Le PNUD continue de soutenir le chemin à parcourir d’ici la Conférence de Paris en partageant son savoir-faire et son expérience tirée d’un portefeuille de projets sur l’adaptation au changement climatique et les moyens de l’atténuer dans plus de 140 pays ; en renforçant les capacités des négociateurs des pays les moins avancés et des petits États insulaires en développement ; en mettant en place des partenariats avec les présidences de la Conférence du Pérou et de la France. En outre, nous avons organisé sept dialogues régionaux sur les éléments techniques des Contributions prévues déterminées au niveau national, et trois autres seront organisées au Maroc, en Ouganda et à Samoa. Nous avons également rédigé la première note d’orientation pour appuyer les pays alors qu’ils font des choix importants en ce qui concerne leurs contributions prévues – qui a été diffusée auprès d’experts, de fonctionnaires gouvernementaux et d’institutions dans 150 pays. 

Une action des gouvernements est nécessaire, mais le rôle du secteur privé est tout aussi indispensable. Les cadres politiques et réglementaires sont importants – le PNUD aide les pays à créer des environnements favorables aux investissements du secteur privé dans l’énergie renouvelable et d’autres domaines dans lesquels des mesures d’adaptation ou d’atténuation sont possibles. 

Un exemple – en Afrique du Sud et en Uruguay, le PNUD contribue à réduire les obstacles aux investissements du secteur privé dans le secteur de l’énergie éolienne. Ces interventions ont créé de nouveaux emplois, soutenu la croissance économique ; diversifié les sources d’énergie et contribué aux mesures d’atténuation adaptées au contexte national (MAAN). 

Le PNUD est l’une des vingt organisations accréditées par le Fonds vert pour le climat. Nous avons collaboré avec plusieurs pays pour appuyer la préparation de projets pour le FVC qui seront examinés lors de son premier cycle d’allocation de fonds qui aura lieu à la fin de l’année. 

Le PNUD prévoit l’organisation d’une réunion au niveau ministériel, qui se tiendra à la fin du mois de février de l’année prochaine, et qui sera une occasion clé pour marquer le cinquantième anniversaire de la création du PNUD et le début de l’ère des ODD. Cet événement sera l’occasion de mettre en avant cinquante ans de promotion du développement durable en soutenant la transformation des pays et des sociétés. Ce sera aussi l’occasion de reconnaître la collaboration substantielle ainsi que les investissements de nos partenaires sur le long terme, et d’exposer en détail la démarche suivie par le PNUD en ce qui concerne la mise en œuvre des ODD au niveau des pays ainsi que les différentes formes d’appui que l’organisation peut apporter dans ce domaine. Une lettre invitant à retenir la date de cette réunion a été envoyée.

Passons maintenant aux points de l’ordre du jour de cette séance : 

Financement du PNUD

Le Conseil prévoit un débat consacré aux questions de financement – non seulement pour examiner la situation actuelle en ce qui concerne le financement du PNUD, mais également les stratégies à appliquer en matière de mobilisation de ressources et les répercussions des changements apportés aux flux de financement.

Si aucune décision n’est prévue lors de cette réunion sur les futurs niveaux de financement, il est important d’avoir une compréhension commune des implications des différents scénarios de financement.

Je commencerai par faire quelques remarques sur la façon dont le PNUD gère ses ressources financières, les perspectives de financement et la poursuite des efforts en matière de mobilisation de ressources.

  • Premièrement, le PNUD a une nouvelle fois obtenu une opinion d’audit non assortie de réserves pour ses états financiers en 2014. Cela signifie que le PNUD obtient depuis maintenant dix ans des opinions d’audit sans réserve. En nous appuyant sur notre engagement résolu à avoir une bonne gestion financière, nous sommes également parvenus à maintenir une situation positive en termes d’actifs nets dans notre bilan, avec un montant de liquidités en fin d’année pour les ressources de base supérieur au seuil requis par le Conseil d’administration.
  • Deuxièmement, tout cela ne s’est pas fait sans d’importantes difficultés. Les contributions générales versées au PNUD ont été de 4,72 milliards de dollars en 2014, alors qu’elles s’élevaient à 4,84 milliards de dollars en 2013. Les contributions versées au titre des ressources de base ont chuté de onze pourcent, passant de 896 millions de dollars en 2013 à 793 millions de dollars en 2014, sachant qu’une importante contribution pour 2014 d’un montant de 33,4 millions de dollars a été reçue début 2015. En outre, une diminution des contributions de dix partenaires, et des variations des taux de change défavorables pour plusieurs monnaies clés ont continué de peser sur le financement.  

Les projections actuelles pour le budget de base du PNUD pour 2015 indiquent une nouvelle baisse. Fin juillet 2015, nous avions reçu 57,9 pourcent des ressources de base prévues, soit environ 700 millions de dollars pour l’année. Cela présage une diminution importante des ressources de base cette année, à moins que d’autres partenaires puissent apporter une aide rapidement. Cette tendance est tout à fait contraire aux nombreuses décisions prises par le Conseil d’administration qui ont souligné l’importance pour le PNUD de disposer de ressources ordinaires. Ces ressources de base sont indispensables pour mener notre action dans les pays les plus pauvres. Elles permettent également de financer nos systèmes de contrôle et de responsabilisation, de transparence, et d’assurance-qualité, et la contribution importante que nous apportons en ce qui concerne la coordination et le leadership du système des Nations Unies dans le domaine du développement à tous les niveaux. L’essentiel des coûts afférant à la coordination du Groupe des Nations Unies pour le développement est supporté par le PNUD.

  • Troisièmement, si nous voulons inverser cette tendance, nous avons besoin que le Conseil appuie la campagne « 100 partenaires » que nous avons lancée pour élargir notre base de financement et atteindre la cible de 100 États Membres contribuant aux ressources de base d’ici à 2017. Il est indispensable d’accroître le nombre de partenaires du PNUD contribuant aux ressources de base. En 2014, 120 États Membres ont versé des contributions au titre des ressources de base à d’autres organismes, fonds et programmes des Nations Unies, mais pas au PNUD. 
  • Les autres contributions au titre des ressources autres que les ressources de base ont quelque peu diminué, passant de 3,94 milliards de dollars en 2013 à 3,92 milliards de dollars en 2014. Ces contributions comprennent les fonds versés par des gouvernements de pays de programme, des gouvernements de pays donateurs et des partenaires multilatéraux et d’autres partenaires.

Le dialogue sur le financement qui suivra cette session est une occasion de réfléchir aux implications que les décisions prises par les États Membres en matière de financement ont collectivement sur le PNUD, notre action dans les programmes de pays, notre capacité à atteindre les objectifs définis dans notre Plan stratégique, et l’appui que nous pouvons apporter, à la fois en ce qui concerne la mise en œuvre du programme de développement durable et le leadership et la coordination du système des Nations Unies dans le domaine du développement. Nous allons évidemment adapter notre modèle organisationnel à la nature actuelle des financements aussi rapidement que possible. J’espère toutefois que le Conseil d’administration continuera d’apprécier la valeur du financement des ressources de base en faisant du PNUD une organisation hautement stratégique et efficace.

En ce qui concerne les documents de programmes de pays (DPP) 

Lors de cette session du Conseil, nous présentons 22 documents de programme pays (DPP) pour approbation. Il s’agit de la première tranche de DPP élaborés en grande partie dans le cadre du nouveau Plan stratégique, et ces documents traduisent une amélioration de la qualité et des orientations. Ces DPP ont fait l’objet d’une appréciation rigoureuse au regard d’un nouvel ensemble de normes et de processus de qualité, afin de s’assurer qu’ils répondent aux attentes sur le plan de la qualité, qu’ils répondent aux priorités nationales et permettent d’obtenir des résultats sur le plan du développement durable. C’est notre première génération de DPP à faire le lien entre les activités menées par le PNUD dans le cadre du Plan stratégique (2014-2017) et le programme de développement durable pour l’après-2015, et à faire en sorte d’apporter l’appui que les pays de programme nous demandent d’apporter lorsqu’ils intègrent les ODD dans leurs programmes nationaux et s’emploient à les atteindre.

En ce qui concerne la réorganisation interne

Depuis juin, nous avons bien avancé sur la dernière partie importante du processus de réorganisation du siège – le nouveau Bureau de la Gestion devrait être pleinement opérationnel le 1er octobre. C’est là un élément essentiel si nous voulons continuer à renforcer l’efficacité et l’efficience au sein du PNUD.

En ce qui concerne la transparence et la responsabilisation

L’objectif fixé dans le Plan stratégique était que le PNUD atteigne, ou dépasse, les jalons définis en matière de pratiques optimales pour la transparence et la responsabilisation. Le nombre de documents et de données publiés au sujet des activités, des budgets et des résultats du PNUD n’a jamais été aussi important. Notre plateforme sur la transparence — open.undp.org – révèle qu’en 2015, nous avons publié à ce jour des informations relatives à 4 334 projets de développement, mis en œuvre dans 155 pays et territoires et dans des unités opérationnelles régionales ou au siège. 

Dans le cadre de nos efforts visant à conserver notre excellent classement parmi les organisations actives dans le domaine du développement pour ce qui est de la transparence, le PNUD met actuellement en place un processus indépendant d’appel à communication d’informations publiques. Nous voulons nous assurer que le PNUD met en œuvre les meilleures pratiques dans ce domaine.

Le fait de communiquer les rapports d’audit interne montre que notre action fait l’objet d’un important contrôle indépendant. Nous avons publié 21 nouveaux rapports d’audit depuis la dernière réunion du Conseil tenue en juin, ce qui porte à 347 le nombre total de rapports d’audit publiés à ce jour. 

Promouvoir la cohérence au sein du système des Nations Unies 

En ce qui concerne la cohérence au sein du système plus général des Nations Unies, je souhaiterais faire les remarques suivantes : 

Des plans-cadres des Nations Unies pour l’aide au développement (PNUAD) ont été préparés dans 55 pays cette année, et 28 autres devraient être achevés l’an prochain. Un mécanisme d’innovation pour les PNUAD géré par le Bureau de la coordination des activités de développement des Nations Unies (UN DOCO), a déjà fourni à plus de trente équipes de pays des Nations Unies un appui pour innover dans l’élaboration des PNUAD et faire en sorte que ces plans-cadres soient davantage axés sur les moyens de réduire les vulnérabilités et les inégalités et de promouvoir les droits. 

Dans le cadre du Groupe des Nations Unies pour le développement, nous avons commencé à répertorier les capacités stratégiques et techniques, ainsi que les outils et les orientations qui existent dans le cadre du système des Nations Unies dans le domaine du développement pour chaque domaine des ODD. Le Groupe des Nations Unies pour le développement a créé une plateforme sur le Web pour les équipes de pays des Nations Unies, qui compile les outils et les ressources disponibles pour les équipes de pays des Nations Unies.

  • Des gouvernements continuent de demander officiellement à bénéficier d’un processus Unis dans l’action ans leurs pays – ce qui a été le cas récemment de la République du Congo, de l’Érythrée, de la Jamaïque, de Madagascar, de São-Tomé-et Príncipe, du Sénégal, du Swaziland et du Venezuela. 
  • Des procédures opérationnelles standards (POS) pour les équipes de pays des Nations Unies ont été mises en place depuis l’an dernier et il ne fait aucun doute que cela améliorera la façon dont ces équipes travaillent.
  • Au cours des six derniers mois le Groupe des Nations Unies pour le développement a mis en place un nouveau système de gestion de l’information global, qui compile des données clés de 132 bureaux du coordonnateur résident et des équipes de pays des Nations Unies, et nous permet d’assurer le suivi de l’appui que nous apportons à a mise en œuvre des ODD. 
  • Les cinquante-deux équipes de pays des Nations Unies indiquent avoir mis en œuvre tous les principaux éléments des POS ou presque et cinquante-cinq équipes de pays des Nations Unies indiquent avoir mis en œuvre certains éléments de cette démarche.

La deuxième phase des Dialogues ECOSOC sur le positionnement à long terme du système des Nations Unies dans le domaine du développement devrait démarrer le mois prochain. Ces Dialogues ont facilité un échange de vues utile en ce qui concerne le financement, la gouvernance et la responsabilisation de l’action des Nations Unies dans le domaine du développement. Alors que ces Dialogues progressent, il est important de veiller à ce qu’il y ait aussi des consultations au niveau des pays. 

À la réunion du Conseil tenue en juin, il avait été demandé au PNUD de prévoir l’organisation de réunions et d’ateliers au niveau technique pour échanger des points de vue et permettre une meilleure compréhension des priorités des uns et des autres à mesure que le Dialogue se poursuit. La séance d’information informelle qui se tiendra mardi sur la mise en œuvre du programme pour l’après-2015 est une occasion de procéder à un tel échange de vues, et sera suivie d’autres manifestations informelles prévues au cours des semaines à venir.

Coopération Sud-Sud

J’attends avec intérêt la réunion du Comité de haut niveau pour la coopération Sud-Sud qui se tiendra la semaine prochaine. Ce comité examinera les mesures à prendre pour intégrer la coopération Sud-Sud et renforcer le Bureau des Nations Unies pour la coopération Sud-Sud. 

Le PNUD devrait bientôt finaliser sa Stratégie relative à la coopération Sud-Sud afin de s’assurer que nous renforçons notre contribution à cette modalité au cours de la deuxième partie de la période de mise en œuvre de notre Plan stratégique en cours – nous pouvons apporter au Conseil des informations détaillées sur cette question.

Je saisis cette occasion pour remercier le directeur sortant du Bureau des Nations Unies pour la coopération Sud-Sud, Yiping Zhou, pour son leadership et tous les efforts qu’il a déployés pendant de nombreuses années en vue d’améliorer l’image de la coopération Sud-Sud, et pour lui adresser tous nos vœux pour l’avenir. Je souhaite également la bienvenue à Jorge Chediek – le nouveau directeur du Bureau, qui prendra ses fonctions le mois prochain.

Conclusion

Je conclurai ces remarques aujourd’hui en remerciant tout particulièrement Rekha Thapa qui occupe la fonction de directeur du Secrétariat du Conseil d’administration depuis plus de dix ans. Bien que Rekha ne nous quitte pas encore tout de suite, ce sera sa dernière session du Conseil d’administration. 

Cette session du Conseil a d’importantes questions à traiter, et soutenir la capacité du PNUD à financer l’action pour laquelle il a été mandaté est l’une des plus importantes. Nous comptons sur le soutien continu du Conseil pour maintenir le PNUD en tant que principale organisation multilatérale chargée de conduire la coordination du système des Nations Unies dans le domaine du développement. Cela revêt une grande importance alors que de nombreuses crises requièrent aujourd’hui notre intervention, et que de nouveaux programmes mondiaux nécessitent notre appui pour être mis en œuvre. Je vous souhaite des délibérations très constructives.

PNUD Dans le monde

Vous êtes à PNUD Singapour centre de Politiques Globaux
Aller à PNUD Global

A

Afghanistan Afrique du sud Albanie Algérie Angola Arabie saoudite Argentine Arménie Azerbaïdjan

B

Bahreïn Bangladesh Barbade Bélarus Bélize Bénin Bhoutan Bolivie Bosnie-Herzégovine Botswana Brésil Bureau du Pacifique Burkina Faso Burundi

C

Cambodge Cameroun Cap-Vert Centrafrique (République centrafricaine) Chili Chine Chypre Colombie Comores Congo (République démocratique du) Congo (République du) Corée (République populaire démocratique de) Costa Rica Côte d'Ivoire Croatie Cuba

D

Djibouti

E

Egypte El Salvador Emirats arabes unis Equateur Erythrée Ethiopie

G

Gabon Gambie Géorgie Ghana Guatemala Guinée Guinée-Bissau Guinée équatoriale Guyane

H

Haïti Honduras

I

Ile Maurice et Seychelles Inde Indonésie Irak (République d') Iran

J

Jamaïque Jordanie

K

Kazakhstan Kenya Kirghizistan Kosovo (selon RCSNU 1244) Koweït

L

Laos Lesotho Liban Libéria Libye L’Ex-République yougoslave de Macédoine

M

Madagascar Malaisie Malawi Maldives Mali Maroc Mauritanie Mexique Moldova Mongolie Monténégro Mozambique Myanmar

N

Namibie Népal Nicaragua Niger Nigéria

O

Ouganda

P

Pakistan Panama Papouasie-Nouvelle-Guinée Paraguay Pérou Philippines Programme palestinien

R

République dominicaine Russie (Fédération de) Rwanda

S

Samoa São Tomé-et-Principe Sénégal Serbie Sierra Leone Somalie Soudan Soudan du Sud Sri Lanka Suriname Swaziland Syrie

T

Tadjikistan Tanzanie Tchad Thaïlande Timor-Leste Togo Trinité et Tobago Tunisie Turkménistan Turquie

U

Ukraine Uruguay Uzbekistan

V

Venezuela Viet Nam

Y

Yémen

Z

Zambie Zimbabwe